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les cris des crapauds ... .
croyable ... .
arriver chez le bouquiniste, quai turckheim
à strasbourg
posé sur son comptoir, le livre " appeleur d'âmes "
qui a fait l'objet d'une page récente dans le cahier de l'amitié
une page sur le sacré pouvoir des crapauds
en pays andin
lui demander s'il a quelque chose sur rimbaud, n'autre arthur
il regarde
de lui, oui beaucoup !
sur lui, non rien, pas en ce moment !
fouiner, chercher ... .
quelques minutes, à peine onze ... .
et ... . c'est croyable
n'autre synchronicité, n'autre synchro se met en marche ... .
providence, destin, hasards surprenants
quand l'émotion envahit l'être entier, noie le corps, brûle l'âme,
le chemin se trace à nouveau, avec un galet de plus,
une étoile nouvelle sur cette voûte céleste,
un nuage en bohème sur n'autre océan
un océan d'eau et de feu
comme un crapaud ... .
tunnel vers des vies parallèles
comme une corde qui se tend à chaque fois
page de destin, cahier sans fin,
spirale à l'infini
un moment tout en synchronicités,
émotion au coeur,
le coeur s'enflamme,
le coeur se noie,
indéfinissable !
parfois sur un mot, un seul
ici sur " em " mots, des mots en boh'aime : chemin, cahier, vocation, crapaud
et une cinquième élément : nrf ... .
ô force quintuplée !
la porte bascule sur l'océan,
le tunnel apparaît,
la corde se tend,
l'immersion commence
la porte s'ouvre sur le foyer,
le tunnel se dessine,
la corde s'élance,
l'ascension débute
alternance, onde vivifiante,
courant porteur
ô écouter ce livre
ô dans le silence, vibrer
ô sileo
délivré dans le tunnel de la vie,
frappé dans son emconscient
sempre croyable ... . !
un livre, un format surprenant, moins large, tout en longueur, inhabituel
un vieux format, sûrement, presque un quart de siècle entre nous ... .
une couverture jaune crème clair,
écriture noire et rouge
les cahiers du chemin ... .
aux éditions nrf
et plusieurs auteurs en rouge, plusieurs titres en noir
le premier titre nous fait frémir : vocation
comme le poème de maïté, poète en absolu, poète en infini
le deuxième nous retient : souffle
se dire, il va se passer quelque chose !
le quatrième titre : soir lointain d'été ... .
ô saison d'été
ô été
ô lointain ... .
et le troisième titre ... . ?
pouvoir le crier en plusieurs traductions
ampato, nom authentique
hampatu lacha, le vrai
hanphatu ... .
apprécié par les sorcières andines
ampato le crapaud, sur le chemin de l'inca
nuage sur le monde inca
sur n'autre chemin ... .
un texte de le clézio,
n'autre j.m.g. jean marie gustave le niçois, auteur inclassable :
les cris des crapauds ... .
" le silence obsède les indiens
un jour, il viendra peut-être jusqu'à nous ; il nous recouvrira peut-être,
entrera à l'intérieur de n'autre corps
il viendra et il brisera les milliers d'ampoules électriques,
de phares, de feux clignotants, de vitrines embrasées
s'il vient, il tuera plusieurs de ces mots, il les arrachera
à leurs supports de ciment et de verre et les anéantira
il détruira beaucoup de nos livres, ces livres
qui ne servaient qu'à brouiller les émissions de la conscience
il libérera beaucoup de mots et de phrases aussi,
des images qui sont retenues prisonnières
peut-être que le silence fera tout cela avec nous
s'il vient jusqu'aux cellules de béton, s'il traverse les portes,
le silence indien éteindra aussi beaucoup de musiques
il les effacera très facilement, il crèvera les haut-parleurs et les tympans
ce qu'il éteindra, sans doute, ce ne sera pas la musique,
mais la prison qu'il y a dans la musique
les indiens ne font pas de musique : ils font des cris, et des bruits
ils ne veulent pas imiter les bruits du monde, ni les organiser en rythmes
la musique qu'ils créent est un langage, comme les autres langages
mais un langage magique, qui va plus loin que les paroles
la musique n'est pas le contraire du silence, mais son complément
lorsque l'indien fait de la musique, il se cache, parce que la musique,
il le sait, l'expose encore plus dangereusement que le langage articulé
cris et bruits issus des profondeurs, tout à coup l'homme redevient
l'égal des autres créatures, qui ne parlent pas mais bruissent
et en m'aime temps, parce qu'il a organisé cette rupture avec le langage,
l'indien repousse définitivement le règne animal soumis ; il devient
l'un des créatures de l'univers
musique de cris et de bruits,
musique sans mélodie, sans harmonie,
musique, pas pour pour danser, pas pour plaire,
mais pour parler, pour gesticuler, pour appeler
musique pour repousser aussi, musique pour tenir à distance
les indiens ne connaissent pas les instruments de musique, ils n'en veulent pas
le violon, l'accordéon, la flûte traversière, la harpe, ce sont des emprunts
mais les vrais instruments indiens, eux, ne sont pas musicaux :
tubes de bambou monophoniques, pipeau à deux trous, tambour, grattoir
conques, grelots
on ne fait pas de la musique avec cela
la mélodie n'intéresse pas les indiens, elle les ennuie
la mélodie est une distraction, elle vous attire dans son piège, elle est narcissique
la musique indienne ne cherche pas à être belle
elle est seulement un concert de bruits au milieu des autres voix du monde :
cris des oiseaux, cris des singes-araignées, cris des chiens, des pacas, des jaguars
par le moyen des instruments monophoniques, l'homme retrouve un autre langage,
plus violent, plus rapide, qui le fait entendre du règne animal, végétal, ou démoniaque
ce langage n'est plus discursif, mais répétitif
il opère la grande métamorphose que l'homme, au fond, ne cesse d'espérer,
et qui le libère de sa prison anthropomorphique, où le maintiennent les lois
et les mots humains
il approche de cet instant miraculeux, mythique,
où l'ancêtre des hommes a crée le monde :
étant l'instigateur de toutes les formes de langage ... .
les cris des crapauds, dans la nuit, ne cessent pas
ils montent, séparés, puis unis, impossibles à distinguer les uns des autres,
graves, aigus faibles, puissants, ils s'additionnent sans qu'on voie les gorges
d'où il sortent ; ils gonflent la nuit noire, la remplissent complètement,
excluent tous les autres bruits
il n'y a plus qu'eux
les langages, les froissements de feuilles, les gouttes d'eau,
les respirations, les bruissements des insectes, plus rien n'existe
langage total, enfin, puisqu'il n'exprime rien, pas m'aime un appel ou un désir,
seulement la vie transformée en bruit
colonnes d'orgue serrées les unes contre les autres, chacune lançant son bruit raide,
hors du souffle, hors des phrases, hors des rythmes du coeur ou des bronches
le concert hésite, grandit, multiplie ses klaxons, ses sirènes
la nuit est tellement pleine de cris qu'elle semble matérielle,
air de pierre, eau de pierre, odeurs de pierre
les crapauds gonflent et dégonflent leurs goitres, invisibles, lointains,
et leurs cris jaillissent de tous les côtés à la fois
comme si chaque homme, chaque bête, chaque arbre porte en lui un crapaud,
comme si le langage, n'est fait que des cris des crapauds,
comme si les arbres sont enveloppés dans des peaux de crapauds,
comme si les yeux des renards et les gueules des chat-tigres
sont des yeux et de bouches de crapauds
cris insistants, magiques qui démolissent la peur
les crapauds sont partout, ils se sont répandus dans le monde,
dans la nuit, pour crier
ils n'apparaissent pas, ils ne bougent pas,
ils vivent, ils ne meurent pas
les cris se croisent, se troublent, s'unissent,
cent, trois cents, mille, dix mille
combien sont-ils ?
ils ne sont que par leurs gorges qui s'enflent et se vident inlassablement
ivresse glacée qui n'est pas dans leur corps, ni dans leur cerveau,
mais dans leurs voix, ivresse qui paralyse le monde avec son bruit
les cris imitent le souffle de la respiration,
mais ce n'est pas le souffle, c'est un dédoublement de la vie
les crapauds sont partout
tout est devenu crapaud : l'air, l'eau,
les profondeurs de la forêt, les cimes des arbres,
la lune, les fleuves, les nuages invisibles, les ombres glissantes,
les yeux des bêtes sauvages, et au-delà, peut-être,
les villes, les rues pleines de voitures,
les visages des femmes, les éclats de la guerre :
ils sont des crapauds, assis dans le marais, les uns vers les autres,
et criant sans se voir
ivresse de l'identité, la seule identité
les hommes font de la musique avec leurs tubes de roseau,
et ils sont de crapauds
les hommes debout sur la plage regardent sans comprendre le bateau qui flotte
tandis que l'explosion électrique envoie ses rayons de violence,
et ils sont des crapauds
pourquoi il y a tant de bruit, pourquoi tellement de cris ?
il n'y a rien à dire, sans doute, et la nuit ne se renverse pas,
elle reste compacte, elle pèse toujours le m'aime poids
les cris se succèdent, on peut entendre chaque cri, et en m'aime temps,
on n'en reconnaît aucun
pas moyen de les arrêter, pas moyen de les écrire ;
on écrit, yao, yao, oha, oha, oha, euhar, raou, rau, wa !
mais c'est comme si on n'avait rien écrit
les bruits montent si haut, ils vont tellement loin que les mots restent bloqués
au fond de la gorge, et que les pensées se roulent en boule
parfois sans raison - il n'a jamais de raison à tout cela -,
les cris retombent, hésitent, trébuchent, s'arrêtent
et le silence de la nuit est terrible
puis ils repartent, l'un après l'autre, doucement, s'enflent, se divisent,
cognant leurs échos sur l'air obscur, revenant sur eux m'aime,
rebondissant, deux par eux, quatre par quatre, vingt par vingt
dix mille cris, cent mille cris, un million de cris, ensemble,
résonnant, vibrant, grandissant invinciblement
comme si une main inconnue tourne lentement
les trois boutons de l'amplificateur sur lesquels
sont écrits les trois mot magiques :
vol treble bass
et ils agrandissent les cercles de la déflagration, sûrement, longuement
cris sans colère,sans passion, qui ne portent rien sur eux,
qui ne veulent rien, qui ne savent pas parler
les crapauds détruisent le langage des hommes,
le langage des chiens, des oiseaux, des chauve-souris
les crapauds inventent la musique, la musique éternelle et vraie ... .
.... . les portes sont ouvertes, et par le bruit des flûtes monophoniques,
les indiens glissent vers ce lieu sans danger, sans ennemis, sans paroles
où vivent les crapauds ... ."
prendre, retenir du texte comme à l'habitude
ce que l'on pense être le meilleur ... .
l'objet de cette page est loin d'être de copier l'intégralité du texte original
et de dévoiler la fin ... .
chacun de savoir son intérêt pour le crapaud
de chercher à savoir son importance pour l'humanité
chercher ce livre chez un bouquiniste, chez un libraire ... .
cette page, c'est l'histoire d'une rencontre avec un livre
rencontre dans un livre, rencontre d'un emième type ... .
dans n'autre boh'aime
rencontre et plus ... . si libéré
l'auteur, j.m.g., le retrouver le lendemain, au supermarché coop,
en cherchant toujours sur n'autre arthur, un sujet sur rimbaud
dans les sujets du bac, dans les corrigés,
et découvrir de lui un texte, sur la mer, sur l'océan ... .
ô océan
ô vague du destin
jean marie gustave, le retrouver près de la cathédrale
un livre, la quarantaine ... .
sur internet, poisson d'or, coeur brûlé ... .
dire tout simplement que depuis des siècles, l'homme est attiré
par ce mystère ... .
attraction pour le crapaud,
fascination céleste dans les andes
ô nuage d'un bleu profond
ô bleu mystérieux !
reconnaissance de son travail, du bien fait ... .
ô crapaud d'eau et de feu !
écouter, entendre le cri de n'autre crapaud

crapo ... . crapelou ... .
cri de loup ?
cri de crapaud ... . ?
un cri de paix ... .
avec nevo
dans ses voyages ... .
dans son vaisseau, dans sa barque
nevo accompagne cette page
certain que les mythes et les légendes disent la vérité,
la m'aime ... .
et surtout les histoires de crapaud ... .
car le crapaud garde pour l'instant, toute n'autre vérité ... .
mise en fabrique le jour de lin ... . lendemain du jour de maurice ( 4 )
maurice, mauricien comme jean marie gustave ... .
et c'est croyable .... !
sur n'autre chemin de poèmes, de poètes en bohème ... .
marcher ensemble, en amitié, dans l'onde de nevo, noly,
tous les pèlerins, les marcheurs en absolu ... .
vers un termitisme renaissant ... .
sentier de termites, parfum de paix ... .
le cahier de l'amitié, vaisseau en partance ... .
vers n'autre île
en
bohème
les
voyages de nevo ... .